Les différentes situations et les signes de mal-être sont traités sous forme de fiches thématiques.
Chacune d'elles fournit des informations et des conseils pour comprendre et agir.
D'éminents spécialistes y ont  ajouté leur « parole d'expert » pour mieux vous éclairer.

En fin de chaque fiche, vous trouverez des aides possibles et une bibliographie.

Deuil après suicide
 

 

Le mot « deuil » vient du verbe latin « dolore » qui signifie « s'affliger ». Faire son deuil, c'est donc surmonter son affliction.
Pour comprendre le processus de deuil, il faut avoir présent à l'esprit que l'être humain est un être d'attachement. Sans attachement, pas de possibilité de vie. Et les liens que nous créons avec les individus de notre entourage ont une force variable selon l'intensité affective.
La vie est une succession d'attachements et de séparations, de naissances et de morts. La mort s'y inscrit donc naturellement. Mais le deuil après le suicide d'un parent, d'un conjoint, d'un ami est un deuil à part. Plus encore, le suicide d'un enfant –de son enfant, celui à qui on a donné la vie-  est une réalité inconcevable et constitue une épreuve particulièrement douloureuse.

Suicide, un deuil particulier
Dans notre société, le déni de souffrance et de mort peut avoir une influence sur le déroulement du processus de deuil. Certaines personnes endeuillées peuvent aller jusqu'à dissimuler leur chagrin et donner le change pour ne pas évoquer leur deuil vécu dans la solitude et peut-être aussi ne pas prononcer le mot suicide qui reste empreint d'un tabou tenace.
Lorsque  l'on est frappé par le suicide d'un proche, le cheminement dans le deuil est souvent très long,  interminable, en raison des nombreux paramètres qui le conditionnent : la profondeur de l'attachement, les circonstances qu'elles soient traumatisantes ou non, le soutien que l'on reçoit de son entourage, sa propre histoire faite de deuils traversés douloureusement ou non.
Pour autant, faire son deuil, ce n'est pas « tourner la page », c'est parvenir à admettre la mort de l'être cher, tout en intégrant au plus profond de soi sa présence intime..

Tous les proches du disparu sont concernés après un suicide, que ce soit dans le milieu familial ou social. Ils sont tous dans l'obligation de faire face à ce deuil singulier qui comprend plusieurs étapes. Les connaître  est indispensable pour ne pas se sentir « anormal » et ne pas craindre sa douleur.  Néanmoins, chacun réagit à sa manière en fonction des circonstances, de sa propre  histoire, de ses liens avec le disparu.

Les quatre étapes normales du deuil :
- Le choc, la sidération :
C'est un état de non perception de la réalité, une protection psychique de mise à distance pour une émotion insoutenable, insupportable.
La sidération survient essentiellement lorsqu'il y a mort violente et c'est le cas avec le suicide. La personne est sidérée, hébétée, anesthésiée, comme en fonctionnement automatique.
- Phase de fuite et de recherche :
Période de souffrance intense qui engendre une certaine agitation. La  sensibilité est à ce moment-là exacerbée et amène à une recherche de souvenirs (odeurs, photos, aperçus de silhouettes, sensation de présence, etc.). Le temps de l' « anesthésie », mécanisme de protection, semble disparaître comme une parenthèse qui se referme. C'est en même temps l'impression de perdre l'être cher une deuxième fois.
C'est une période de pleurs, de recherche de sens, de spiritualité, de remise en question de ses convictions, de ses croyances.
- Phase de déstructuration, de désorganisation et de vécu dépressif :
Après plusieurs mois, arrivent la réalité de l'absence, la prise de conscience intime de la perte. Le sentiment de douleur s'amplifie et le manque se fait plus durement sentir. L'absent(e) continue d'occuper l'esprit de façon obsessionnelle. C'est une phase de déstructuration qui peut durer entre 2 et 3 ans.
De nombreux sentiments se bousculent : culpabilité, honte, colère, abandon, impuissance.
- Phase de restructuration et de réorganisation :
Après plusieurs années, nous élaborons de nouvelles relations avec la personne disparue, également avec les autres et avec soi-même. Nous avons pris conscience que nous ne serons plus jamais le (la) même. Il y a un « avant » et un « après ». A ce stade, l'idée de prendre soin de soi réapparaît et devient possible.  
La réorganisation consiste à accepter d'autres attachements, à s'adapter à de nouveaux rôles.
Le deuil est un processus qui se vit dans la solitude mais pour autant qui demande à être accompagné. Nous avons besoin des autres : les amis, la famille, les proches. Ce sont eux qui constituent le réseau de soutien qui nous aide à « tenir ». Le processus de deuil passe également par de nécessaires moments de retrait qui peuvent prendre des formes diverses : marche dans la nature, écriture, lecture, musique, méditation, prière.
Avancer dans le deuil, c'est accepter la réalité du décès tout en préservant le lien avec l'être disparu. C'est également réinvestir le monde extérieur et savoir se faire aider. C'est la voie de la reconstruction.

Les dérives possibles du deuil :
Comme tout processus naturel, le parcours du deuil peut comporter des dérives. Certaines peuvent modifier ce parcours de façon plus ou moins grave.
 - Le deuil difficile :
C'est un deuil qui reste normal, quoique très douloureux et plus lent. C'est en ce sens qu'il apparaît difficile.
- Le deuil compliqué :
Le fonctionnement affectif, relationnel et professionnel de la personne est perturbé au-delà des délais habituels des différentes phases du processus « normal ». On observe des pensées envahissantes, des émotions intenses, un désarroi profond, des symptômes de détresse traumatique qui persistent au-delà de six mois et de possibles complications somatiques. La relation à l'autre en est fortement affectée.
- Le deuil différé :
Dans ce cas, il existe un temps de latence entre la disparition de l'être cher et le début du travail de deuil. Le déni initial de la mort correspond à une incapacité ou à un refus de reconnaître la réalité. La dépression consécutive au deuil  survient inévitablement, mais plus tard, après un délai plus ou moins important. Pour la personne en deuil comme pour les proches, le refus de la réalité et l'absence de dépression réactionnelle deviennent particulièrement difficiles.
- Le deuil inhibé :
Il correspond à l'absence des symptômes normaux du deuil.  De nombreux troubles somatiques  apparaissent, en lieu et place des perturbations affectives non exprimées. Ce type de deuil s'observe principalement chez les personnes à faibles capacités psychiques d'expression comme les enfants.
- Le deuil chronique :
C'est le deuil sans fin, accompagné d'une dépression chronique, d'une fixation morbide sur le défunt, sans le réajustement nécessaire à une vie sans lui. Le stress post-traumatique qui n'a pas été traité entraine la persistance de l'effet traumatique responsable de l'installation de ce deuil.
- Le deuil pathologique :
C'est heureusement le plus rare. Il se manifeste principalement par l'apparition d'un ou de plusieurs troubles psychiatriques chez un individu parfois dépourvu d'antécédents psychiatriques.

Les spécificités du deuil après suicide

La découverte, le constat,  l'annonce du suicide sont une confrontation à la mort violente.
Le processus de deuil est indéniablement lié aux circonstances qui entourent l'acte suicidaire et à l'importance du traumatisme émotionnel qu'elles ont suscité.
C'est la quête du « pourquoi 
Quasiment aucun proche n'échappe à cette quête, c'est la recherche de signes précurseurs non perçus, non compris, la recherche d'un message,  c'est vouloir rendre intelligible ce qui ne l'est pas. Cette quête peut être accompagnée de colère. C'est un cheminement vers l'acceptation de l'inacceptable. C'est aussi admettre de ne pas avoir toutes les réponses et qu'une part de mystère demeurera.
La culpabilité ou, plus précisément, le « sentiment » de culpabilité favorise l'émergence de remords et parfois d'autopunition ; « Je n'ai pas fait ce qu'il fallait, je n'ai rien vu venir, j'ai vu mais je n'ai pas su faire, je dois donc expier » «mon amour n'a servi à rien ».
De cette perte de sens, il découle l'impression que les valeurs d'avant n'existent plus, que tout devient futile, comme un sentiment de disqualification. Chercher à comprendre les raisons du geste suicidaire aide à se déculpabiliser. Le risque dépressif consécutif justifie, à lui seul, un soutien psychologique professionnel.
Le partage avec d'autres parents endeuillés peut également aider, il permet de voir que d'autres cheminent, qu'il existe des survivants.  

Quel devenir pour une personne en deuil après un suicide ?
A la question : « Vais-je m'en sortir ? », la réponse est  « Oui ». Le chemin est escarpé, long, difficile, mais la souffrance finira par s'apaiser même si jamais elle ne disparaîtra.  Plus le travail réalisé sur soi-même après le drame est important, plus rapide sera le retour à un état psychologique acceptable et mieux les inévitables passages difficiles seront maîtrisés.

On ne fait jamais totalement le deuil de son enfant
Quelle que soit la cause de la mort, celle d'un enfant demeure une blessure indélébile et un deuil difficile et long. Mais lorsqu'il s'agit d'un suicide, comme sans doute d'un assassinat, (le suicide est un meurtre de soi) l'impact est extrêmement bouleversant, déstabilisant et marquera définitivement l'entourage proche, particulièrement les parents et la fratrie. On peut dire que le deuil dure toute la vie, même si celui-ci se vit moins dans la douleur et l'intensité de la peine ressentie au fur et à mesure que les années passent.
Toute personne en deuil après suicide a besoin d'aide.  Celle-ci peut venir de la famille, des amis, des collègues, du monde des soignants, des associations. C'est une condition qu'il faut très vite faire sienne et à laquelle il faut adhérer pour éviter un deuil à complications.
L'entourage doit accepter de la personne endeuillée le besoin de parler de son enfant, de son chagrin, mais aussi le besoin de se taire, de pleurer, de s'activer ou de ne rien faire, jusqu'à parfois déstabiliser autrui par une attitude qui semble irrationnelle. Les proches peuvent aussi avoir besoin d'aide, comme tous les aidants qui, dans ce cas, sont souvent des membres de la famille, touchés eux aussi. La fierté ou la pudeur est à surmonter dans certains cas, en particulier pour les hommes généralement moins enclins que les femmes à exprimer leurs ressentis et à se faire aider.

Mieux comprendre pour se déculpabiliser.

Réactions normales après le suicide d'un proche :

Dès la découverte ou l'annonce du suicide d'un proche, le traumatisme émotionnel et l'anéantissement sont tels qu'ils dévastent la famille et les amis du défunt. Selon que l'on découvre soi-même le corps ou que l'annonce ait été faite par un tiers, l'impact est différent, mais il reste un choc terrible.
Il est normal d'observer des réactions telles que : « je suis écrasé, anéanti par la douleur », « je ne comprends pas », « je ne peux pas y croire », « je suis révolté », « jamais je ne pourrai survivre ».
Ces réactions traduisent bien la surprise et l'incompréhension du geste suicidaire, auxquelles s'ajoutent un sentiment d'impuissance, de révolte. Ensuite peut s'exprimer également la peur mêlée de sentiments de culpabilité, de honte et de regrets. Tout dépend du regard des autres, du soutien ou non de l'entourage.
Après les premiers effondrements dus à ce séisme émotionnel, d'autres constatations ont lieu. Les parents confrontés au suicide d'un enfant qui a fait plusieurs tentatives ou qui était atteint d'une pathologie psychiatrique peuvent être amenés à prendre conscience de la souffrance qui l'habitait pour en arriver à cet acte. Ils peuvent alors penser secrètement « au moins, il (elle) ne souffre plus ». Parfois, l'état d'angoisse qui a pu  être ressenti avant la disparition retombe. Il  était dû au risque d'un passage à l'acte, tant redouté mais perçu comme inévitable, malgré la détection des signes d'alertes et malgré les soins psychologiques ou psychiatriques prodigués. Il s'ensuit un sentiment de soulagement, comme la mort après une longue maladie, dans ce cas, difficile à reconnaître devant les autres.
Viennent aussi des expressions et des sentiments personnels traduisant une non acceptation de la disparition du suicidé : « il me manque », « je souffre tant », « personne ne peut me comprendre », « je ne pourrai plus jamais être heureux », « j'ai envie de le rejoindre ». Chacun à sa manière doit parcourir le chemin du deuil, toujours personnel et jalonné de difficultés.  Souvent le sentiment de culpabilité s'ajoute et persiste, envahissant ceux qui restent.
La famille toute entière subit une onde de choc énorme et certains membres peuvent être traumatisés. Ils  reçoivent de plein fouet cet évènement et leur personnalité même en sera transformée. Leur regard sur les autres, sur la vie en est complètement modifié. Comme pour les parents, il y a un « avant » et un « après ».
Le suicide d'un enfant constitue le deuil le plus difficile à faire non seulement par l'intensité de la douleur, mais aussi par l'inversion du sens naturel du temps et de la mort. Il est plus difficile que tout autre deuil dans la mesure où mourir d'une maladie, d'un accident, comporte toujours une explication rationnelle ou médicale qui peut favoriser l'acceptation.
Les parents, les proches ont à vivre ensuite avec cette blessure profonde qu'ils auront à soigner pour ne pas être anéantis.  Le rôle parental devient particulièrement difficile à assumer vis-à-vis des autres enfants tant le sentiment d'échec est grand et tant l'impuissance est ressentie après un tel drame qui remet en question les valeurs et les principes fondamentaux de l'éducation et de l'existence.
Les parents, la fratrie et les proches ont besoin d'être soutenus et entendus d'où la nécessité première d'apporter aide et soutien à ces familles pour atténuer la souffrance, souvent plus complexe et plus durable qu'après tout autre décès.

Conditions et circonstances particulières :
Le suicide est l'expression d'une violence extrême et la violence s'inscrit  toujours dans l'acte suicidaire. La découverte du corps et de la scène du suicide, qu'elle soit faite par un membre de la famille ou par un tiers, constitue pour tous un traumatisme émotionnel majeur qui peut être suivi d'une dépression post-traumatique ou de cauchemars récurrents.

L'annonce du suicide est également une violence qui peut être amplifiée par la description maladroite ou sans ménagement  des conditions et des circonstances de l'évènement, toujours dramatique.  Pour toutes ces raisons, le futur sera impacté de manière plus ou moins profonde et plus ou moins durable. La blessure, indélébile, pourra cependant être prise en charge, soignée et rendue moins douloureuse par un travail thérapeutique  et l'effet du temps.

L'enquête policière et l'autopsie souvent nécessaire du corps du suicidé, ont pour but de préciser les circonstances exactes de la mort. Les résultats permettent  à la famille de mieux comprendre le geste, de définir la cause de la mort, d'éliminer les doutes possibles et éventuellement d'écarter la culpabilité en constatant, par exemple, l'existence d'une pathologie ou de « conditions particulières favorisantes ».

Il est bon de rappeler que la fin d'une vie n'est pas la fin de la vie. La vie reste là.  Il faut maintenant accepter l'aide appropriée et efficace pour pouvoir continuer sa progression personnelle.

A l'association PHARE Enfants-Parents, les parents endeuillés par suicide ont la possibilité de se rencontrer. Des groupes de parole mensuels  rassemblent exclusivement des parents d'enfant suicidé.
Ces groupes leur permettent de sortir d'une solitude dans le partage de la souffrance et de recevoir une aide et un soutien aussi longtemps qu'ils le désirent. L'association peut également rechercher la personne la mieux appropriée pour les aider, qu'il s'agisse ou non d'un spécialiste.
D'autres associations proposent également un accompagnement de familles endeuillées dont quelques-unes figurent dans « Les aides possibles » proposées plus loin.

  • Refuser une aide psychologique en cas de troubles graves (insomnies, perte de l'appétit, idées suicidaires)  persistant longtemps après la disparition du défunt,
  • Abandonner les activités quotidiennes,
  • Se replier sur soi, rejeter ou refuser les relations avec les autres,
  • Négliger les soins normalement accordés à sa propre personne,
  • La tentation de la « punition » afin d'expier ce qui est perçu comme une « faute »,
  • Se laisser aller à des comportements à risques,
  • Le recours à une addiction, à la violence.
    

  • S'autoriser à pleurer, à exprimer sa douleur, autant que nécessaire,
  • Prendre soin de soi, s'accorder des temps de repos et de détente,
  • Favoriser des rituels, si possible avec les proches, dans une communion de pensée autour de l'être cher disparu.
  • Essayer de garder sa place et son rôle dans la famille,
  • Rester attentif aux réactions et aux besoins des frères et sœurs du défunt,
  • Envisager un projet incluant l'être disparu et la possibilité de s'exprimer par le moyen le mieux adapté à sa personne (écriture, bénévolat, activités associatives, sport, partage, etc),
  • D'une façon générale, le recours à l'action..

 


Christophe Fauré,
psychiatre, psychothérapeute, spécialisé dans l'accompagnement des ruptures de vie : deuil, maladie grave et fin de vie, séquelles post-traumatiques (EMDR), séparation, divorce, transition du milieu de la vie.

On découvre, dans sa chambre, le corps inanimé de son enfant et, en un instant, la vie bascule à tout jamais...

Cet événement – au-delà de tout ce qu'on a pu imaginer - signe l'entrée dans ce qu'on appelle le « processus de deuil ».  Mais que sait-on du deuil ? N'y a-t-il pas notion plus mal comprise que celle-ci et l'ignorance qui l'entoure dans notre société n'est-elle pas à l'origine de tant de souffrances inutiles ?

Pourtant, loin de parler d'oubli ou de « tourner la page » comme on se le représente habituellement, le deuil porte l'authentique promesse de la préservation du lien avec la personne aimée : c'est un chemin dont l'essence même est de passer d'une relation extérieure, « objective », au quotidien, à une relation intérieure, « subjective », par-delà la mort. Il invite à intégrer, dans sa vie et dans son être, la présence intime de la personne disparue, tout en continuant le cours de son existence, sans culpabilité ni vécu de trahison.

Ceci n'est pas une vaine promesse : c'est une réalité sans cesse confirmée par ceux qui l'ont traversée, même si, dans les premières années, cela leur semblait totalement impossible.

Un processus de cicatrisation
La blessure de la perte est violente et profonde et le chemin, long et aride, d'autant plus après un suicide où se rajoute la brutalité du traumatisme. Tout comme notre corps mobilise ses ressources quand il doit cicatriser une blessure physique, notre esprit met en œuvre une intelligence innée qui permet la cicatrisation de cette plaie « du cœur ». Le deuil, c'est ce processus indispensable dont la finalité est de préserver notre intégrité psychologique et émotionnelle, tout en construisant, en parallèle, un lien intérieur avec la personne disparue.

Ce processus inconscient de cicatrisation est au-delà de nous et de notre volonté. Il nous est simplement demandé de l'accueillir avec sagesse, courage et humilité, en le laissant se dérouler, à son rythme, dans les tréfonds de notre être. S'y opposer et tenter de « passer en force » par la volonté et le contrôle des émotions est inutile et dérisoire : c'est rajouter de la souffrance à la souffrance. Le deuil exige de nous douceur et patience…

Tout comme une plaie physique nécessite des soins réguliers, il nous est demandé de mobiliser une égale attention à la plaie du manque et de l'absence : il nous faut beaucoup de temps (en termes d'années…) pour accepter la réalité de ce décès à tous les niveaux de notre être. Ce n'est qu'à cette condition qu'il deviendra, petit à petit, acceptable de vivre à nouveau, en accueillant, en dépit de tout, ce que la vie a encore à nous offrir.

Les quatre étapes du deuil
La connaissance des étapes du processus de deuil est indispensable pour ne pas se perdre dans les méandres de la douleur.

Il est extrêmement rassurant de savoir que ce que l'on vit n'est pas « anormal » ou « morbide », comme le fait, par exemple, de couvrir de photos tous les murs de son appartement ou encore de continuer à payer, pendant des mois, un forfait téléphonique pour conserver la voix de la personne aimée sur sa messagerie… Tant de besoins et de comportements qui sont pourtant jugés « malsains » par un entourage complètement ignorant de la réalité du processus, alors que ces attitudes ne sont que l'expression normale et naturelle d'un deuil qui se déploie harmonieusement… Ignorant de la réalité du deuil, l'entourage, pourtant tant désireux d'aider, devient, dans sa maladresse, une paradoxale source de colère ou de frustration.

Ces étapes sont indispensables à connaître pour se rassurer sur sa propre santé mentale et avancer le plus sereinement possible dans cette épreuve de vie.

Avril 2016. Mise à jour février 2017

Associations et fédérations :

Apprivoiser l'absence Ile de France  (+ Grand Ouest et PACA)
« Groupes d'entraide pour parents ayant perdu un ou plusieurs enfants, quels que soient l'âge ou la cause du décès ».
07 86 38 10 65
www.apprivoiserlabsence.com

Au Cœur des Flots
aucoeurdesflots@orange.fr

Christophe
« Prévenir le suicide des jeunes »
Hôpital Sainte Marguerite
Pavillon Solaris 270
04 91 81 27 60
www.christophe-lavieavanttout.com

Association Elisabeth Kübler-Ross France,
Aide au deuil
Des antennes régionales figurent sur le site,
ekr.france.free.fr

Empreintes
7 rue Taylor
75010 Paris
01 42 38 07 08
Empreintes-asso.com

Fédération européenne Vivre son deuil
Propose une liste d'associations régionales d'accompagnement au deuil sur son site
01 42 08 11 16
www.vivresondeuil.asso.fr

Fédération S.O.S. Suicide Phénix
« Accueil et écoute de toute personne confrontée au suicide, soutien des proches suite au suicide ».
01 40 44 46 45
www-suicide-phenix.org

Jonathan Pierres Vivantes
« Parents ayant perdu un enfant quelle que soit la cause de la mort».
Antennes régionales sur son site.
01 42 96 36 51
www.anjpv.asso.fr


PHARE Enfants-Parents
« Prévention du mal-être et du suicide des jeunes »,
Groupe de parole de parents d'enfant suicidé
5 rue Guillaumot
75012 Paris
01 43 46 00 62
www.phare.org

SOS Amitié
www.sos-amitie.com

Suicide écoute
« Prévention du suicide par l'écoute et le soutien, aide aux personnes en deuil après suicide »
01 45 39 40 00
www.suicide.ecoute.free.fr
 

Bibliographie non exhaustive comprenant des ouvrages-témoignages de parents endeuillés par suicide :

Après le suicide d'un proche, Vivre le deuil et se reconstruire,
Christophe Fauré, Albin Michel, 2007.

Deuil et santé,
Marie-Frédérique Bacqué, Odile Jacob, 1997.

Faire vie du deuil – des mots pour traverser l'épreuve,
Philippe Baudassé, Cerf, 2015.

La mort de l'enfant,
ouvrage collectif dirigé par Michel Hanus, Vuibert, 2006.

La mort expliquée à ma fille,
Emmanuelle Huisman-Perrin, Seuil, 2002.

Le deuil après suicide,
Michel Hanus, Maloine, 2004.

Le grand livre de la mort,
Michel Hanus, Albin Michel, 2007.

Les deuils dans la vie,
Michel Hanus, Maloine, 2004.

Les enfants en deuil, portraits du chagrin,
Michel Hanus, Barbara Sourkes, Frison-Roche, 1997.
Lorsque l'enfant disparaît,
Ginette Raimbault, Odile Jacob, 1999.

Parents en deuil,
Harriet Sarnoff Schiff, Robert Laffont, 2002.

Vivre le deuil au jour le jour,
Christophe Fauré, Albin Michel, 2012.

Vivre son deuil et croître,
Rosette Poletti et Barbara Dobbs, Jouvence, 2014.

Vous êtes en deuil après un suicide,
UNPS, 2013, brochure à télécharger sur le site www.unps.fr

Ouvrages témoignages :

Ce lien qui ne meurt jamais,
Lytta Basset, Albin Michel, 2007.

Ce vide immense,
Claude Luzy, La Bruyère, 2000 (à commander chez PHARE Enfants-Parents).

Chapelle des Saints Anges,
Isabelle Saudeau, Edilivre, 2011.

Fatigué de ce monde,/ la résilience
Pascale Morice, Jubilé, 2016.

J'ai envie de rompre le silence,
René Veyre et Gérard Voulaud, l'Atelier, 2001.

La part du feu,  
Michèle Bus-Caporalli, Symétrie, 2011.

Maman !, Maman ! … Va-t'en !
Micheline Hecquard, Kirographaires, 2002.
Même la nuit quand je dors,
Anne Dodemant, Albin Michel, 2013.
Mes yeux dans tes cieux,
Sophie Daoût, Jubilé, 2004.

Vivre après la mort de son enfant,
Josette Gril, Albin Michel, 2007.

La vie quand même. Survivre et renaître après la mort de son enfant,

Elisabeth et Eric de GENTIL-BAICHIS, Editions Chronique 2013

 (Listes non exhaustives. N'hésitez pas à nous faire part des adresses ou des ouvrages qui pourraient compléter ce document)

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